vendredi 10 avril 2015

Les 6 clés diplomatiques du Sommet des Amériques

Mercredi 8 avril, un policier à l'extérieur du centre de convention de Panama où se tient le septième sommet des Amériques vendredi 10 et samedi 11 avril 2015. 


Grâce à l’accord-cadre avec l’Iran et au rapprochement avec Cuba, Barack Obama arrive en position de force au septième Sommet des Amériques, vendredi 10 et samedi 11 avril au Panama, une de ces grands-messes diplomatiques dont raffolent les dirigeants de la planète. Le président des Etats-Unis a repris la main sur la politique étrangère, même si le Congrès s’évertue à lui mettre des bâtons dans les roues. En revanche, les présidents d’Amérique latine, qu’ils soient en situation de quémandeurs ou de contempteurs, arrivent en ordre dispersé, malgré l’unanimité de façade dont ils se targuent dans des instances régionales – des sommets de moindre envergure – qui peinent à laisser des traces.
  • Une poignée de mains Obama-Castro

Le clou du spectacle médiatique, au Panama, sera réservé à la première rencontre officielle entre Barack Obama et son homologue cubain, Raul Castro. Il ne s’agira plus, comme aux funérailles de Nelson Mandela, en décembre 2013, d’une poignée de main furtive. Pour la première fois, les chefs d’Etat des deux voisins brouillés depuis un demi-siècle auront pris le temps de se parler et d’évoquer les négociations en vue du rétablissement de leurs relations diplomatiques. La guerre froide tropicale est révolue. Les Etats-Unis devront retirer Cuba de la liste des pays qui soutiennent le terrorisme, un anachronisme à l’heure où La Havane accueille les négociations de paix avec la guérilla colombienne.
Tous les Latino-Américains présents au sommet de Panama vont célébrer ces retrouvailles comme s’ils étaient de la fête. Certes, l’Amérique latine réclame à l’unisson, depuis des années, la réintégration de Cuba aux instances régionales, comme l’Organisation des Etats américains (OEA), prête à accueillir à nouveau les représentants de La Havane, qui maintenant se font prier. Mais le seul Sud-Américain qui peut légitimement prétendre avoir favorisé le rapprochement entre les Etats-Unis et Cuba est François, le pape argentin.
Si le Vatican reste un médiateur apprécié, la diplomatie latino-américaine, elle, est en pleine déliquescence. Dans cette Amérique du Sud qui proclame son union à tout vent, la Bolivie et le Chili n’entretiennent pas de relations diplomatiques à cause d’un litige frontalier qui remonte aux guerres du XIXsiècle.

  • Apaisement entre Washington et Caracas ?


Caracas avait promis de jouer les trouble-fête au sommet de Panama, outré par les sanctions américaines qui frappent sept dignitaires vénézuéliens. Accusés de violations des droits de l’homme, ces derniers sont privés de visa et leurs avoirs aux Etats-Unis ont été gelés. L’argent de la corruption placé dans des paradis fiscaux comme Andorre et le Panama, ou aux Etats-Unis et en Espagne, est le talon d’Achille du régime vénézuélien. Voulant échapper à la mainmise du Congrès sur la politique étrangère, la Maison Blanche a pris l’initiative de ces sept sanctions individuelles, qui ont aussitôt permis au président Nicolas Maduro de dénoncer une agression impérialiste. Si les Sud-Américains ont rejeté toute ingérence des Etats-Unis dans la crise vénézuélienne, ils n’en ont pas moins souligné que la solution passait par les élections législatives prévues avant la fin de l’année. Reste à savoir si Caracas acceptera des observateurs de l’OEA, les mieux préparés pour ce genre de mission.
Ricardo Zuniga, le conseiller Amérique latine de la Maison Blanche, a tenté de calmer le jeu à la veille du sommet, en rappelant que le Venezuela est un des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis. « Le Venezuela, Cuba et les Etats-Unis ont d’importantes différences, mais aussi des intérêts communs, extensibles au reste du continent, estime de son côté l’analyste cubain-américain Arturo Lopez-Levy, de l’université de Denver. Le principal est d’éviter l’instabilité politique, d’empêcher que la crise ne déborde et ne complique ainsi la situation régionale et internationale. »

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