Cela faisait trente-trois matchs et presque neuf ans que le Paris-Saint-Germain ne s’était plus incliné au Parc des Princes en Coupe d’Europe. Mercredi 15 avril, le FC Barcelone a mis fin à cette folle série entamée à l’automne 2006 en étrillant (3-1) le club de la capitale dans son antre, en quarts de finale aller de la Ligue des champions. De son côté, le grand Bayern Munich a perdu sur le même score dans l’arène du FC Porto.
Figurant pour la troisième saison consécutive dans le top 8 continental, le PSG est dans une position inconfortable voire désespérée à six jours de la manche retour au Camp Nou. Déjà éliminés à ce stade de l’épreuve lors des deux dernières éditions du tournoi, les joueurs parisiens devront réaliser un exploit (inscrire trois buts sans en encaisser un seul par exemple) en Catalogne face à l’actuel leader de la Liga espagnole pour atteindre le dernier carré.
Avant la rencontre, le public du Parc des Princes a fait preuve d’une certaine nervosité, ressassant l’échec de sa formation contre le Barça (2-2 et 1-1), il y a deux ans. L’entrée de l’effectif parisien pour l’échauffement électrise encore plus l’atmosphère. Une nuée de sifflets s’abat sur les Catalans alors qu’ils pénètrent sur la pelouse, vêtus de jaune fluo. Revenu de Russie, où il a été soigné suite à un pépin musculaire contracté dix jours plus tôt à Marseille, le défenseur brésilien du PSG David Luiz enchaîne les frappes, sourire aux lèvres.
Le PSG diminué
Privé de ses tauliers italiens du milieu de terrain Marco Verratti (suspendu) et Thiago Motta (blessé), le onze parisien apparaît diminué dès le coup d’envoi. La menace barcelonaise se précise dès l’entame de la partie. A plusieurs reprises, l’arrière-garde parisienne doit stopper in extremis l’arrière gauche catalan Jordi Alba. Orphelin de son partenaire suédois Zlatan Ibrahimovic (lui aussi suspendu), Edinson Cavani s’époumone vainement à la cime de l’attaque du PSG, bien muselé par la charnière adverse Piqué-Mascherano. Suppléant les expérimentés Motta et Verratti, Adrien Rabiot et Yohan Cabaye tentent péniblement de lustrer l’entrejeu parisien.
De son côté, le trident infernal du Barça composé de Neymar, Luis Suarez et Lionel Messi donne des sueurs froides à la défense adverse. Au quart d’heure de jeu, le lutin argentin est tout proche d’ouvrir le score mais sa jolie frappe enroulée percute le poteau de Salvatore Sirigu, le portier du PSG. Constamment alimentés en offrandes par leur capitaine Andres Iniesta, les attaquants barcelonais sèment la panique aux abords de la surface parisienne. Et à la 19e minute de jeu, Lionel Messi lance le Brésilien Neymar qui trompe Sirigu d’une frappe croisée.
Sonnés, les spectateurs parisiens se mettent à grimacer lorsqu’ils voient Thiago Silva, victime d’un problème musculaire, donner son brassard à Blaise Matuidi avant de quitter la pelouse (20e). La sentinelle brésilienne est remplacée par son compatriote David Luiz, dont la présence dans le groupe retenu par l’entraîneur du PSG Laurent Blanc avait surpris les observateurs tant la convalescence de l’Auriverde fut rapide. Inspiré, Neymar continue d’amuser la galerie et voit se frappe bloquée par Salvatore Sirigu (25e). Deux minutes plus tard, Edinson Cavani se retrouve lancé plein axe par Ezequiel Lavezzi. Mais l’Uruguayen s’empale sur le rugueux Mascherano à l’entrée de la surface adverse.
David Luiz se transforme alors en « chauffeur de salle », exhortant le public du Parc à manifester plus bruyamment son soutien. A la 35e minute, le Brésilien Maxwell adresse un bon centre à Edison Cavani, dont la reprise du plat du pied est aisément captée par Marc-André ter Stegen, le gardien barcelonais. Plus conquérant à l’approche de la mi-temps, le PSG regagne toutefois les vestiaires sur un score en sa défaveur.
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Poussés par le public du Parc, les protégés de Laurent Blanc se montrent plus incisifs dans les duels au retour du vestiaire. A la 49e minute, Javier Pastore expédie une belle frappe du pied droit qui oblige ter Stegen à se coucher. Deux minutes plus tard, le jeune Adrien Rabiot (20 ans) décoche une autre salve dans les gants du gardien catalan. Touché, le capitaine du Barça Andres Iniesta doit, lui, quitter définitivement la pelouse sur civière. Les supporteurs parisiens jubilent ensuite lorsque Lionel Messi écope d’un carton jaune (53e) pour une faute commise sur Marquinhos.
Les exploits de Suarez
Malgré de belles combinaisons, le PSG s’expose aux raids éclair du Barça. Et Marquinhos sauve sa formation (64e) en annihilant un contre mené par le trio Neymar-Suarez- Messi. Désireux d’arracher l’égalisation, Laurent Blanc lance dans l’arène le brésilien Lucas Moura, de retour sur les pelouses après deux mois d’arrêt. A peine l’ailier parisien est-il rentré que Luis Suarez plombe définitivement les supporteurs parisiens. Parti sur le flanc droit, le prodige uruguayen mystifie David Luiz et Maxwell avant de battre Salvatore Sirigu (67e).
Les hommes de Laurent Blanc se ruent à l’assaut du camp barcelonais et Edinson Cavani voit sa lourde frappe miraculeusement repoussée par ter Stegen, auteur d’un plongeon spectaculaire. Massés en tribunes de presse, les journalistes catalans frémissent lorsque Lionel Messi esquive deux défenseurs avant d’expédier un missile juste au-dessous de la cage de Salvatore Sirigu. Soucieux de conserver son précieux avantage, l’entraîneur barcelonais Luis Enrique fait entrer le défenseur français Jérémy Mathieu.
Luis Suarez, lui, enterre les derniers espoirs du PSG. Bien lancé, l’Uruguayen efface une nouvelle fois David Luiz avant de tromper Salvatore Sirigu d’une jolie frappe sous la barre (79e). Les supporteurs parisiens n’ont pas le temps de larmoyer puisque leur formation réduit la marque dans la foulée. Gregory van der Wiel décoche une demi-volée limpide que Jérémy Mathieu détourne dans son propre but (82e). Supérieurs techniquement, les Barcelonais se contentent ensuite de monopoliser le ballon. Dans les ultimes minutes de la partie, Ezequiel Lavezzi se retrouvent tout proche d’inscrire un deuxième but pour sa formation mais l’Argentin s’emmêle les pinceaux. « Merci Paris », scande timidement le public du Parc, comme résigné, alors que le coup franc de Lionel Messi est repoussé par Salvatore Sirigu.
Au coup de sifflet final, Laurent Blanc accuse le coup. Quasiment condamnée, sa formation devra accomplir un miracle, mardi 21 avril, en Catalogne. Mais ses chances semblent presque nulles tant son infériorité fut flagrante au Parc des Princes.







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