
Un sous-officier colombien et dix soldats tués, dix-sept autres blessés : l’affrontement entre l’armée et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), dans la nuit de mardi 14 à mercredi 15 avril, a été meurtrier. Il a eu lieu dans le département du Cauca, un fief historique des FARC dans le sud-ouest du pays. Selon les autorités, les soldats ont été attaqués par un détachement d’élite de la guérilla. Deux rebelles auraient également trouvé la mort.
Pour Juan Manuel Santos, l’attaque de la guérilla a été « délibérée » et préméditée. « Elle ne peut rester impunie », a-t-il déclaré, en annonçant mercredi la reprise des bombardements contre les campements guérilleros – suspendus depuis des semaines – et en donnant ordre à l’armée d’intensifier les opérations contre les rebelles.
Mais les négociations de paix n’ont pas été suspendues. « C’est à cette guerre-là que nous voulons mettre fin », a expliqué M. Santos. Le processus engagé avec les FARC depuis plus de deux ans est loin de faire l’unanimité, mais semblait sur la bonne voie. En décembre 2014, les FARC avaient décrété un cessez-le-feu unilatéral et indéfini, respecté sur le terrain. C’est ce qui avait conduit le président à suspendre les bombardements en mars. La « désescalade du conflit » était à l’ordre du jour. C’est dire si l’attaque de la guérilla a causé consternation et indignation.
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A La Havane, les FARC ont évoqué une « action défensive » et tenté d’en faire porter la responsabilité à l’armée. Le commandant guérillero Félix Munoz alias Pastor Alape a dénoncé « l’incohérence du gouvernement qui ordonne des opérations militaires contre une guérilla qui a déclaré une trêve ». Mais les chefs des FARC semblaient ignorer le détail des faits survenus dans le Cauca.
Cessez-le-feu unilatéral
La question d’une éventuelle dissidence de la guérilla se pose. Les FARC ont une fois encore réclamé un cessez-le-feu bilatéral. Ni la droite dure, menée par l’ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), ni les militaires ne veulent en entendre parler. Ils mettent en doute la volonté de paix des FARC et craignent que les guérilleros n’en profitent pour se consolider militairement. La mort des dix soldats fournit des arguments aux détracteurs du processus de paix.
Sur les réseaux sociaux, la rage contre les FARC déferle. « La paix de Santos, c’est l’extermination de nos forces armées », a tweeté M. Uribe, aujourd’hui sénateur. Pour son collègue Carlos Galan, il faut fixer un ultimatum aux FARC, car, souligne-t-il, « les négociations ne peuvent pas durer indéfiniment ». Les responsables politiques de la majorité se prennent à espérer que la crise du moment et la reprise des bombardements pousseront la guérilla à accélérer le rythme de négociations. Mais le chemin s’annonce difficile. « Avec la mort des soldats, la confiance entre les parties et l’espoir dans le processus de paix ont reculé », résume Fabrizio Hochschild, représentant des Nations unies en Colombie.







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